Que dire de ces derniers jours passés avec Som Nuk, l’artiste peintre rencontré à Koh Tao ? Comment raconter cette nouvelle expérience ?? Alors que nous même nous ne la comprenons pas ?? Comment parler des dix journées passées avec lui, comme ça, en un seul coup ??
Peut-être devrais je commencer par le commencement, par nôtre arrivée chez Som Nuk, dans sa maison en périphérie de Bangkok. Raconter comment lui, sa femme et sa fille nous ont accueillis dans leur maison, dans leur vie. Parler de leur générosité, du temps qu’ils nous ont consacré pour nous expliquer en langage des signes telle ou telle chose, telle ou telle coutume. Parler de la fierté de Som Nuk quand nous allions nous balader dans le quartier : « Ce sont mes amis étrangers, on part à Chiang Mai ensemble ». De leurs multiples attentions vis-à-vis de nous quand je me fais piquer par un moustique et que Som Nuk part en courant me chercher de la pommade, que sa femme s’aperçoit qu’on a bien trop chaud et nous sert verre d’eau glacé sur verre d’eau glacé, rassemble tous les ventilateurs de la maison pour nous offrir de l’air. Et leurs sourires, sans mots, puisque la barrière de la langue nous interdit les longues conversations mais on sait, on se regarde et on sait qu’on est content de partager ce temps ensemble.
Où peut-être devrais je commencer par cette dernière journée ?? Que nous passons dans son bungalow de Chiang Mai ? Par cette incompréhension qui nous a gagnée ces deux derniers jours ?? Où l’ange Som Nuk des premiers jours a complètement disparu. Par cette étrange sensation de devenir invisible.
Nous sommes seuls à cette heure-ci, Som Nuk et Niky, son ami qui lui sert de chauffeur, sont partis raccompagner Fay sa fille à la gare. Nous attendons son retour pour tenter de comprendre ce qu’il se passe. Il n’a sûrement aucun problème avec nous, peut-être avec sa fille, peut-être des tracas de paperasserie au sujet de sa maison ??? On n’en sait rien, on sait juste que depuis deux jours son regard a changé et nous ne le supportons pas ce regard, nous ne le comprenons pas, il est noir, haineux, dédaigneux. Pas un mot, pas une attention, nous devenons invisibles, c’est vraiment insupportable !!!! Nous attendons son retour, on a besoin de savoir avant de partir, pas envie de le quitter comme ça !!!!
Je pourrais parler aussi de toutes les scènes de vie quotidienne auxquelles on a assisté. Comme l’arrivée de sa famille à Bangkok, quand nous nous sommes retrouvés à 16 à dormir chez Som Nuk pendant deux jours.
Parler de cette journée éprouvante où nous avons assisté à deux enterrements, celui d’une petite vieille et celui d’un moine à Chiang Mai. Des attentions que nous avons reçues du maire, heureux d’accueillir deux « farang » dans son village. Je pourrais parler de pleins d’autres choses avant de parler de Som Nuk. Mais c’est lui qui est dans ma tête en ce moment, son attitude m’obsède, je veux comprendre mais j’ai bien peur de penser que nous prendrons nôtre train tout à l’heure sans explications !!!
Som Nuk et Niky sont de retour, je suis en haut en train d’écrire, j’entends la porte s’ouvrir, je coupe l’ordi, il faut qu’on essaie de lui parler.
Il monte d’un pas décidé, alors que je me tiens debout à un mètre de lui, il me passe à côté sans me regarder. Jérôme arrive, on a le même regard. Je lui demande : « - Il t’a dit quelque chose ?
- Non. »
Je me lance.
« - Som Nuk ? »
Il me regarde avec son air dédaigneux.
« - There is a problem ? I see you, you are not happy. Why ? »
En même temps je mime mes paroles, mes doigts allant de mon visage au sien. Il fait mine de ne pas comprendre, je sais qu’il a compris. On essaie de trouver une explication dans le regard de Niky mais nous ne trouvons que son sourire. Impuissante, j’abandonne.
Sur le quai de la gare, Som Nuk s’échappe avec un ami qui vient de le rejoindre, nous laissant seul avec Niky. Nous pensons qu’il ne va pas revenir avant que nous soyons partis. Niky voit bien nôtre tracas et nous console de son joli sourire. Oui, heureusement que t’es là Niky !!!!
Finalement, Som Nuk revient, nôtre train est entré en gare. Niky nous prend dans ses bras, Som nuk toujours sans sourire évite nôtre embrassade. Maintenant c’est clair, il a un problème avec nous !!!
De la vitre du train, on les regarde partir, j’ai mal, mes poumons se serrent.
Jérôme me dit : « - Et dire qu’on était prêt à lui offrir un billet d’avion pour qu’il puisse venir à nôtre mariage !!!
- C’est pas le problèmes, Jérôme. »
Je repasse ces dix jours dans ma tête, chercher la gaffe, la maladresse qu’on aurait pu faire…
Je ne vois pas, je ne comprend pas. Alors par quoi commencer ? Peut être que c’est bien comme ça…
1. Giorgio Le 03/04/2009 à 10:41
2. dany nicole Le 08/04/2009 à 10:18
3. Karine Le 14/04/2009 à 19:37
4. ben Le 15/04/2009 à 11:12