Quand nous montons dans le bus, il est déjà en surcharge !! Le toit, bien 1m50 de marchandises dessus. A l’intérieur, vu l’odeur, se sont des sacs de granulés pour animaux qu’on a cherché à caser un peu partout. Il y en a sous les sièges, entre, dans l’allée. Et les passagers… et leurs bagages... Nous trouvons deux places au fond. Il y a tellement de sacs que nous sommes obligés de faire preuve de souplesse en voyageant les genoux au niveau de la poitrine... La route a plutôt intérêt d’être dégagée, sans nids de poules sinon le ventre du bus risque de frotter !! Pas de ventilateurs, 36°, l’odeur, ça ch’lingue grave !! Premier arrêt, nous avons fait 100 mètres, c’est un début !!! Ravitaillement !!! Les vendeurs ambulants s’engouffrent à l’intérieur, se bousculent avec le sourire, montent sur les sacs, nous proposent en braillant leurs spécialités : brochettes, chips de bananes, riz gluant dans un bambou, viande épicée dans une feuille de bananier, pousses de bambous, lard séché… Je me laisse tenter par les chips de banane, un délice !!! Le chauffeur branche la télé et enclenche le karaoké !! Nous prenons donc la route de Pakse, ravitaillés, la musique à fond dans les oreilles, assis sur des sacs de granulés et… sans la troisième vitesse, impossible à passer !!! Le trajet promet d’être long !!! 17 h au mieux, après ça dépend de la mécanique… Plus tard dans la nuit. Nous sommes toujours dans ce bus surchargé, difficile de toucher du bois mais pour l’instant, mise à part l’inconfort, tout se passe bien. Je regarde Jérôme, il s’est installé sur les sacs dans l’allée, je pense qu’il doit être bien, il dort, il ronflerait presque. Quant à moi, je n’arrive pas à trouver le sommeil, alors je regarde les gens dormir, je regarde le chauffeur, je me laisse lobotomiser par son karaoké aux images psychédéliques et je me dis que j’ai une sacrée vaine d’être là !!! Tout encastrée que je suis, je déguste ce moment encore une fois inoubliable !!
Visiblement j’ai fini par trouver le sommeil, sûrement grâce au karaoké ! C’est Jérôme qui me réveille, on est arrivé. Il est 5h30, nous sommes quelque part dans Pakse. La tête dans le cul nous déchargeons nos bagages, le bus repart. Nous sommes en train de prendre quelques infos d’orientation auprès des chauffeurs de tuk tuk quand Jérôme me dit : « J’ai oublié ma canne à pêche !!! » Plus de bus, il est déjà reparti !!! Schittt !!! Nous demandons autour de nous. Personne comprend rien, barrière de la langue !!! A force de persévérance, nous trouvons un jeune qui parle parfaitement bien anglais et lui expliquons nôtre oublie. Il pose des questions aux gens autour de nous. Le bus n’est apparemment pas loin. Le jeune nous propose de prendre un tuk tuk, il lui donnera les indications et nous déposera après dans la guest où nous avons prévu d’aller. Le bus est là, la canne à pêche aussi !!! Jérôme retrouve le sourire. Comme prévu, le chauffeur nous dépose devant la Sabaidee Guest house. Il est 7 h du mat, un panneau plus grand que la porte : « Toutes nos chambres sont prises. Merci de vôtre patience. » Fatigués des derniers jours, nous n’avons pas la force de courir de réception en réception, leur jardin est agréable, aménagé de petites tables en bois. Nous craquons et préférons nous en remettre à nos chères petites étoiles qui nous ont jusque là porté chance !!! Et prions pour qu’une chambre se libère dans cette guest dans la matinée. Il est 9h30 quand à force de prières, une chambre se libère pour nous. Il fait déjà plus de 30°, le ventilateur n’y fait rien !!! Il faut préciser que la chambre est aménagée dans un hangar, sous des tôles, il fait chaud à crever !!! Impossible de finir nôtre nuit !! On va vraiment penser au grand nord pour nôtre prochain voyage !!! La douche aussi s’y met !!! Impossible de régler la température, l’eau coule sur nos corps en surchauffe et nous brûle !!! Pakse s’érige au confluent du Mékong et de la Se Don, mise à part ça, nous trouvons cette ville insipide et sans caractère !! Capitale de la province, ouverte sur la Thaïlande par un récent pont. Pakse est une ville d’échanges commerciaux lao-thaï, en plein essor. Camions, sociétés d’import-export, voitures brillantes… Vivement qu’on trouve une moto et qu’on se casse de cette ville !!! Ça fait à peine une heure que nous marchons et nous sommes déjà en état de liquéfaction, l’eau salée coule contre nos joues à grosses gouttes !! En passant devant ce petit café, devant cette affiche pour une boisson dont je ne dirais pas le nom mais qui parait rafraîchissante, on craque !!! A peine installés que le patron vient nous demander si on veut se joindre à la table de ses amis. Bien sûr, pourquoi pas !!! Nous sommes accueillis avec un verre de bière et une assiette de pâté lao !! Au début je fais ma mijaurée : « Ohhhh merci mais de la bière à cette heure-ci…. Hum hum hum c’est un peu tôt pour moi !!! Je vais boire de l’eau ». Mais les types ne le voient pas de cet œil là et insistent !!! « Non, non, non merci beaucoup ». Ils travaillent tous ensemble, c’est apparemment la pause déjeuner, il y a déjà sous la table 6 cadavres de bières de 64cl. Ils sont 9 avec le patron du café, 11 avec nous maintenant. Deux d’entre eux parlent anglais et font les interprètes. Ils travaillent dans l’élaboration des ponts, ingénieurs en génie civil si on a bien compris. Après les questions du style : « Vous êtes originaire de quel pays ?? Vous êtes mariés ?? Vous avez combien d’enfants ??? Vôtre travail ?? Vous aimez le Laos ?? » La grande question : « Vous savez chanter ??? » Hum… hum… C’est quand la saison des pluies ??? Un des types revient avec un synthétiseur, le patron installe une enceinte et un micro, pousse les watts à donf et c’est parti pour le show !!! C’est complètement surréaliste !!! Nous sommes en plein carrefour, installés à l’ombre d’un arbre, un groupe de collègues de boulot est en train de pousser la chansonnette, tout le quartier en profite et ça ne dérange personne, tout est parfaitement banal !!! Le micro tourne, à tour de rôle chacun chante sa chanson. Comme la bière d’ailleurs, un seul verre pour tout le monde, on le fait tourner, chacun son tour mais cul sec, les copains attendent !!! (Que j’ai fini par accepter, bien sûr !! Le rôle de la mijaurée ça va cinq minutes !!!) J’essaie de transposer la scène en France, pause déjeuner chez «Calla », on sort la table de camping en plein carrefour sur le boulevard Tourasse, juste en face de l’église, on sort la platine, les bières, le confit de canard et c’est parti pour la chansonnette !!! Non, vraiment c’est une autre culture !! Alors que nous pensions qu’ils avaient déjà mangé vu la quantité de plats présents sur la table, le patron apporte deux plats de nouilles de riz, deux assiettes de légumes (coriandre fraîche, haricots, citronnelle, salade, pousse de soja) et deux marmites de soupe épicée. Quand on les remercie et qu’on leur dit qu’on a déjà mangé, ils nous répondent : « Aujourd’hui tu mangeras peut-être trois ou quatre fois ou plus !!! » Et nous servent une généreuse assiette en mélangeant les trois plats. Bon… dans ce cas là !! Ça fait maintenant deux grosses heures que nous sommes parmi eux, sous la table 21 cadavres de bières, les effets de l’alcool commencent à se faire sentir mais ça continue de chanter et de plus belle. Quand ils me tendent le micro, je fais tout mon effet en entonnant la chanson que Tom m’a apprise et que j’ai entendu à plusieurs reprises au Laos : « Dou dou… dou teu tayme… i fon i toun dan day… ». Ahhh, on se marre bien à Pakse !!! Ça fait au moins un quart d’heure que Jérôme est parti aux toilettes pour la petite commission. Nos hôtes me demandent : « Where’s your boyfriend ??? » Je voulais pas faire ma petite-copine inquiète mais là c’est vrai c’est bizarre !!! Je me décide à aller voir. A benh t’es là toi ??? Je le trouve dans le jardin à l’arrière du café, assis en compagnie de trois autres lao à boire de la bière !!! Dès que j’arrive, on me tend un verre !! Mais qu’est-ce que c’est que cette ville de pochtrons !!! Cette fois-ci je l’accepte sans me faire prier et fais connaissance avec les kidnappeurs de Jérôme, ils sont pas trop méchants ça va !!! Eux travaillent pour le développement de l’agriculture dans la région. Et ce sont eux qui nous expliquent qu’aujourd’hui est un jour de festival, que la bière qui coule à flot et la nourriture sont gratuites !!! Quand on leur demande qui est-ce qui paye ??? Il nous répondent c’est le boss. Mais quel boss ??? Ils ne parlent que très peu l’anglais. Pas suffisamment pour nous expliquer qui est le boss et quel est ce mystérieux festival. Tout ce que nous savons c’est que c’est gratuit !!! Une nouvelle fois on nous apporte à manger, le même plat de soupe et des calamars séchés. Un groupe de femmes arrive, en chantant et en dansant, elles me prennent par la main et m’entraînent dans la ronde. Après le chant, je dois m’adonner à la danse… mais quelle journée !!! On finit par tous danser sur la pelouse et le verre de bière continue à tourner, tout le monde tourne, la tête aussi !!! Il fait chaud, très chaud, près de 40°, il est 17h30 !!! Tu m’étonnes, cinq heures que nous picolons en plein cagnard, sans avoir dormi !! Nous nous décidons enfin à prendre la direction du retour en priant pour ne pas nous retrouver une nouvelle fois dans une embuscade, on ne le supporterait pas !!! Nous remercions tout le monde et échangeons nos mails. Quelle journée !!!
Le plein de la Honda est fait, la carte du pays bien en main. L’Objectif, arriver ce soir à Tad Lo, célèbre pour ses cascades et son ambiance décontractée. Le début de la route n’a rien d’attrayant mais dès que nous pénétrons dans le plateau de Boloven tout change comme par magie !!! Le paysage est à la fois aride et tendre. C’est la saison sèche au pays, la terre n’est qu’une poussière rouge et légère. Les arbres paraissent comme morts de soif le long de la route mais en regardant de plus près, on aperçoit des petites excroissances vertes sur certains, ça bourgeonne !!! Et dès qu’un cours d’eau pointe le bout de son nez, c’est Bizance !!! Tout est vert, tendre et rayonnant !!! Les premières plantations de café s’ouvrent devant nos yeux, certaines sont en fleurs et offrent leur parfum, d’autres leurs graines. La récolte a commencé. Dans les villages, ça sèche, de grand tapis de café s’étalent au sol. Plantations de bananier, de papayer également. Depuis que nous sommes arrivés dans le sud, nous sommes soulagés de voir que la déforestation massive n’a pas encore attaqué cette partie du Laos !!! Il y a des cultures, mais elles sont diversifiées, pas d’armée d’hévéas ici !!! Et encore beaucoup de forêts naturelles. Par contre, nous avons eu droit aujourd’hui à une autre vision d’horreur et j’espère ne plus avoir à me trouver dans un endroit tel que celui-ci, payant de surcroit !!! Un panneau, CASCADE !!! Ok, on va voir !!! Déjà, un droit d’entrée. Pas cher mais je pars du principe qu’une beauté de la nature ne doit pas être exploitée et surtout pas pour le compte d‘un étranger. Mais ça on ne l’a compris qu’après !!! La direction est thaïlandaise. On se retrouve en fait, dans une sorte de parc d’attraction sans attractions !!! Sur le parking, quatre super autobus thailandais. Une pancarte : « ECO RESORT » donc on est censé être dans un hôtel écologique autour d’une cascade. La cascade est là !!! Elle est très jolie, toute en longueur et haute de 7m. Mais l’ECO RESORT je vais t’en foutre oui !!! Tout est soit bétonné soit fabriqué avec des troncs d’arbres, ça passe par les chaises, les tables, les marches… On exploite l’arbre partout où l’on peut !!! Mais le pire c’est-ce qu’ils appellent le village ethnique. Un village comme on en a vu des dizaines le long de la route. A l’intérieur de celui-ci nous avons vu peut-être 10 personnes. Une femme en costume traditionnel en train de passer le balai, un homme également en costume traditionnel en train de jouer de la guitare pour un des groupes de thailandais, et des gamins !!! Mais ces gamins, on sentait bien qu’ils n’étaient pas chez eux, un regard de chien battu, malheureux ces gosses !! C’est la première fois que nous voyons des gosses lao avec un regard malheureux !!! L’atmosphère est trop pesante, nous partons au bout de 10 minutes. Nous arrivons à Tad Lo en milieu d’après-midi. Pas de droit d’entrée à payer, ouf ! La cascade est jolie, pas impressionnante mais charmante. Le village se love autour du cours d’eau. Les mioches, culs nus ou habillés s’éclatent dans la rivière pendant que les plus grands s’adonnent à la pêche au harpon ou au filet. Des femmes enroulés dans leurs sarongs se lavent ou lavent le linge. Nous trouvons facilement une petite hutte de bambou pour passer la nuit, juste en bordure d’eau, sommaire mais adorable. Nous déposons les sacs et allons immédiatement rejoindre les mioches dans la rivière. Hummm que c’est bon !!! Comme quoi, l’eau, c’est la vie !!!
Nous avons passé la journée à découvrir les trois cascades. La dernière était fabuleuse mais asséchée !!! Une large paroi de 100 mètres de haut au plus nichée en pleine forêt. Nous y sommes allés avec Stéphane, qu’on a rencontré alors que l’on s’enfilait un Krao pat chez Mama (plat de riz). Cet endroit doit être spectaculaire en saison des pluies !!! Au milieu de la paroi, une large entaille, une robe safran est en train de sécher, un moine doit y avoir établi son ermitage. Que fait-il en ce moment même ??? Est-il en train de méditer ou est-il sorti de sa léthargie pour manger un morceau ?? Nous passons une bonne partie de l’après-midi autour de cette paroi vertigineuse, tantôt en haut à admirer les différences de ton du paysage, tantôt en bas à s’adonner aux joies de la baignade avec les gosses du village voisin. En saison des pluies, le débit doit être important vu les profondes piscines qui se creusent aux pieds des parois !!! Les gosses nous font leur show, même la plus petite des crevettes nous fait un saut de l’ange !!! Pas plus de quatre mètres de hauteur mais à cet âge-là, chapeau bas !!! Il faudra trois bonnes minutes à Jérôme pour m’offrir un saut enfin « saut » est un grand mot, il est plutôt tombé comme une merde !! T’es le plus fort mon chéri !! Le soir, nous avons prévu avec nos voisins de bungalow, trois français et un tchèque de faire un feu au bord de l’eau. Nous lançons l’invit’ à Stéphane ainsi qu’à deux petites lao d’une douzaine d’année. Nous nous retrouvons donc à neuf autour du foyer. Augustin se met à la guitare pendant que David, le Tchèque, nous fait découvrir les chansons de son pays. Les petites font les timides, trop de « falang » d’un seul coup. Elles m’entraînent en retrait, elles veulent danser mais pas devant tout le monde. Quand à un moment donné je sors ma lampe torche, c’est l’illumination que je vois dans leurs yeux !!! Une nouvelle fois, elles me tirent par la main et se mettent à chercher quelque chose dans l’herbe !!! Je pense d’abords qu’elles ont dû perdre quelque chose mais quand je les vois taper d’un geste vif par terre je comprends bien que je vais être malgré moi obligée à contribuer à un massacre de grenouilles !!! Qui sont tellement petites que ça en est ridicule !!! C’est la chasse aux grenouilles naines !!! Elles me montrent délicatement la technique. D’abords le repérage, concentration, écrabouillage et une fois qu’elle est bien en main il faut lui casser les os des pattes pour éviter qu’elles ne s’échappent du sac !!! Je suis horrifiée !!! Mais je comprends bien qu’elles comptent beaucoup sur moi, qu’elles sont heureuses de me faire partager leurs techniques de chasse. Pas possible pour moi de décevoir mes deux nouvelles copines. Alors je plonge dans mes souvenirs de gamine, de pêche aux têtards, du peu de remords que j’avais à cet âge-là !!! Et puis, c’est pour manger, la chaîne alimentaire… C’est pas plus horrible que d’envoyer une vache à l’abattoir !! Benh, voilà à peine le temps de me préparer psychologiquement qu’une nouvelle grenouille est repérée, c’est mon tour. J’y mets de la bonne volonté, je la claque mais je n’arrive pas à attraper cette ci minuscule petite bête, elle m’échappe. Mais une autre est repérée, bingo !!! Les pattes ??? Tu veux pas le faire ??? Non, je dois le faire… ?? C’est dégueulasse !!! Au bout de quelques écrabouillages et cassages de pattes, je commence à perdre mes remords et devient plutôt forte au plus grand bonheur de mes maîtresses. Elles m’en montrent une, elle est cachée contre un tronc d’arbre. Je me prépare à la claquer quand les deux d’un coup se mettent à gueuler et à me dire « No no no !!! » Je retiens mon geste, les regarde en attendant l’explication. Elles me montrent quelque chose sous le tronc, je ne vois rien. Ohhh putain un serpent !!!! J’ai failli claquer un serpent !!! Il dort visiblement. Quand je vous dit qu’ils me persécutent !! Bon les filles, on arrête la chasse !!! Pas trop envie de claquer n’importe-où !!! Je pensais qu’elles allaient les ramener chez elles, se faire une soupe mais en fait non !!! Elles veulent nous nourrir !!! Dans la poche, une bonne cinquantaine de grenouilles, qu’elles mettent directement sur les braises. Avec agilité à l’aide d’un bâton elles les retirent une à une et c’est parti pour la dégustation. C’est tellement petit qu’il faut tout manger !! C’est pas très bon, la tête donne un goût amer, cuites directement sur les braises, on bouffe plus de cendres qu’autre chose. Mais elles mettent tellement d’enthousiasme à nous offrir ce repas que nous nous sentons tous obligés d’avaler une à une ces petites bêbetes !!! Et j’y veille. Non, David, tu manges !!! Jérôme, avale !! Stéphanie, elles y ont mis tellement de cœur… allez une au moins. Avec tout ça je n’ai pas vu l’heure passer, c’est quand leur mère arrive en gueulant que je m’aperçois qu’il est bien tard !! Minuit !!! Au lit les filles !!! Nous restons encore un moment à écouter les chants de David et finissons par regagner nôtre hutte à 1h30 !!! Je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis couchée aussi tard, sûrement en France.
( durant la seconde guerre mondiale, des japonais auraient décapité des soldats laotiens et les auraient jeté du haut de la cascade, humm… humm… charmant endroit !!!) Nous prenons la route assez tard, sur les coup de 13h mais à peine 80 kms nous séparent de Tad Se Noi. Nous pensons mettre à peine deux heures. C’est après avoir traversé les 25 kms de piste que nous crevons pour la première fois !!! Merde !!! Merde !!! Merde !!! Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir des ennuies, un camion est arrêté sur le bord de la route. Une grosse fumée s’échappe de l’engin pendant que nous voyons du liquide dégouliner par terre !! Nous aurons sûrement plus de facilité qu’eux à nous faire dépanner !!! Nous marchons à peine un kilomètre. Arrivés dans un village, on nous indique rapidement à quelle maison s’adresser !! Le type regarde, deux petits trous minuscules. Il nous propose de changer la chambre à air, il en a une !!! Nous lui demandons s’il peut mettre plutôt des rustines, par soucis d’économie !!! Pas de soucis !!! L’entreprise demande une bonne demie heure ( et oui, c‘est la roue arrière ), le temps de faire connaissance avec sa fille et son petit-fils. Alors que nous nous attendions à payer le prix fort, il nous demande 5000 kips (50cts) pour les deux rustines. Nous avons fait peut-être 10 kms à peine. Et hop, pshhiiiit !!! C’est reparti pour un tour, le pneu est de nouveau à plat !! Cette fois, pas de village à l’horizon. Après une heure à pousser la bête en plein cagnard, nous arrivons à un village, on nous dit de nous adresser à la maison au fond à gauche. Nous allons voir le type, visiblement ce n’est pas son boulot !!! Une maison tout à fait banale, rien indique qu’il répare les motos. Et effectivement, ce n’est pas sa spécialité !!! Cette fois-ci la chambre est hachée. Elle s’est déchirée sous les rustines !! Il faut la changer. Le type n’a que des rustines et s’acharne à les coller sur la déchirure. Un attroupement s’est organisé autour de nous, chacun y met du sien. Personne n’a un mot d’anglais sous la langue mais ça piaille, ça rigole !!! Le type finit par superposer quatre rustines, ça va jamais tenir son truc !!! Pendant qu’il finit de remonter le pneu, un autre s’improvise « caisse enregistreuse » !!! C’est bien ça qu’il veut. 40 000 Kips !!!! Allez c’est parti pour les négociations par mimes !!! Non, non, non !!! Là-bas, deux rustines, 5000 Kips. Toi, quatre rustines, 10 000 kips!!! Et en plus tu sais que ça va pas tenir ton truc !! Le type bataille un peu et finit par rigoler !! Marché conclu !! Non mais 40 000 kips, c’était bien essayé mais quand même, deux journées de salaire !!! En reprenant la route, on espère juste au moins arriver au premier mécano et changer cette chambre à air. Mais bizarrement, elle a l’air de tenir alors quand on arrive enfin dans un petit garage on se contente d’acheter une nouvelle chambre. Il ne nous reste qu’une trentaine de kilomètres, ça va bien tenir !!! Et non, mais il fallait vraiment être con pour le croire !!! Troisième crevaison !! Cette fois facile, on vient de traverser un village assez gros. On arrive au garage, fermé !! Nous demandons aux voisins, visiblement le mécano n’est pas loin !! Une gamine part le chercher !! C’est un petit bonhomme unijambiste qui arrive. Un petit signe de la main pour dire bonjour et il se met au travail !! Nous lui donnons la chambre à air. En dix minutes à peine c’est réglé, la moto est prête à rouler !! Il nous demande 5000 kips !! Parfait !! Cette fois c’est la bonne !! Nous arrivons au coucher du soleil à Tad Se Noi, un seul hôtel, composé de six bungalows juste en face de la cascade, un petit paradis. Il reste un seul bungalow, ouf !!! Nous posons nos affaires et rejoignons le restaurant pour boire une bière. Un groupe de deux Allemands et trois vietnamiens sont à table, et les plats ne cessent d’arriver !! C’est Noël ou quoi ?? Un autre jeune couple est installé à la table d’à côté. Les pensionnaires de l’hôtel sont tous là !! Un des Allemands vient vers nous avec une assiette de poisson. « Vous aimez le poisson ??? » Oui, oui !! Et il nous tend l’assiette !!! Un beau poisson grillé, j’en rêvais depuis des jours !!! Benh c’est vraiment Noël !!! Il apporte également une assiette à l’autre couple. Une demie heure après c’est une soupe de poulet qui nous est offerte généreusement. Décidément cet endroit parait très sympathique !!! On reviendra !!
Ce matin nous traînons un peu au lit. Quand à 9h, nous nous décidons enfin à nous lever tout le monde est parti !! Ce petit coin de paradis est à nous !!! Seuls au monde !!
Ce matin nous prévoyons d’aller voir une autre cascade à 4 kms à peine et de revenir ici passer l’après-midi dans l’eau pour éviter le gros coup de chaleur !!! Arrivés à Tad feak, personne !! Pas un touriste dans le coin, pourtant encore une fois le coin ressemble à un petit paradis terrestre !! Tant pis pour eux, on va en profiter à leur place !!! On est en train de galérer à rejoindre la cascade par le cour d’eau quand deux jeunes lao apparaissent. Ils doivent avoir une vingtaine d’années. Ils ne parlent pas anglais mais ils comprennent rapidement qu’on souhaite nous rendre sur la cascade. Avant de nous entraîner de pierre en pierre, de traversée en traversée, ils se concentrent sur un arbre qui possède des baies un peu plus grosses que des olives. L’arbre est haut et imposant, ni une ni deux, lancement vif d’un bâton et vlan en plein dans le mille !!! Trois baies tombent au sol, ils nous en tendent une chacun. J’ai jamais rien mangé d’aussi dégueulasse, difficile de montrer le contraire !!! Humm je me régale !!! Ça ressemble à un mélange de gingembre et de nèfles. Nous traînons un peu, nous ne faisons pas le poids devant ces deux félins. Pieds nus, ils sautent de pierre en pierre avec grande agilité !! A chaque fois que nous sautons, on a l’impression qu’un tremblement de terre va se produire et manquons de peu à plusieurs reprises la chute !!! Nos guides sont patients et attentionnés, ils ne manquent pas de nous tendre une main, de choisir le chemin le plus facile. Une fois en haut de la cascade, ils nous font comprendre qu’ils retournent à leurs occupations et s’en vont aussi vite qu’ils sont apparus, en nous offrant un beau plongeon du haut de la cascade. Nous restons une bonne heure à nous délecter du paysage mais il fait si chaud, pas d’ombre, le ventre commence à grogner. On va se rentrer ??? Le retour est plus facile que l’allée, nous ne revoyons pas nos deux amis. Arrivés au scooter, je vois Cil arriver en courant, il nous fait signe de venir. En arrivant à sa hauteur, il nous fait comprendre qu’ils aimeraient bien qu’on mange avec eux. Nous le suivons sans trop savoir qu’est-ce qui nous attend ?? Un pique-nique ?? Encore des baies dégueulasses ??? Il nous entraîne sur un des îlots. Après cinq minutes de marche nous retrouvons Noi, le deuxième félin et Nu. Un gibier est en train de rôtir sur les braises, d’après leurs mimes un canard sauvage qu’ils viennent de chopper. Les viscères et les plumes parsèment le sol. Pas de doute la viande est fraîche !!! Ils sont trop mignons, leur trophée est maigre, très bien pour trois mais pour cinq… ?? Ils sortent deux canettes de bière du ruisseau et me tendent le premier verre improvisé dans une bouteille de plastique. Je le bois cul sec et le tend à Noi qui le remplit et le donne à Jérôme, puis à Cil, Nu et enfin lui. Nous n’avons que des cigarettes à leur offrir et un peu d’eau mais à mon avis ils n’attendent aucun retour, ça leur fait juste plaisir de partager. Ils ne connaissent vraiment aucun mot d’anglais, même mimer est difficile, nous n’avons pas la même gestuelle. Très difficile de communiquer mais nous nous en contentons, le principal pour nous cinq est de passer ce moment ensemble. C’est bien du canard, il est juste délicieux !! Pas de couteau, nos mains, nos doigts se mélangent sur la carcasse, nos sourires se croisent, le gras dégouline le long de nos mentons !! Un moment magique à l’ombre des arbres, le bruit tonitruant de la cascade… Que vouloir de plus ???
Je me lève avec la gratouille !!! C’est horrible, vouloir se gratter presque au point de pleurer !! Les moustiques, on s’y est habitué mais là je sais pas ce que c’est !! Des puces ?? Non, je m’en souviens trop de cette fois où petite je m’étais retrouvée couverte de la tête aux pieds de ces petites bébètes !!! Ce n’est pas des puces !! Une allergie ?? Peut-être ?? Des bestioles chopées dans l’eau ?? Sûrement !! Ça fait déjà deux jours que ces petites pustules ont envahi mon corps et que je retiens chacune de mes pulsions !! A quoi bon savoir ??? J’ai rien sur moi pour ce genre de truc !! Pas de pharmacie dans ce coin là… Bref, aujourd’hui une grosse journée nous attend !! La fameuse, la frémissante piste de 75 kilomètres à travers la jungle épaisse envahie de tigres dévoreurs d’hommes…. Muhhhmmm, je vais mettre de l’anti-moustique et du baume du tigre, au moins s’il me bouffe je ne serais pas appétissante et vlan le tigre !!! De toute manière c’est tout ce qu’on a !! Effectivement, cette jungle est frémissante !! Mais plutôt du côté sifflant !! Et… oh ?? Vous pouvez pas baisser le son ??? Elles sont chiantes à la fin ces bestioles à siffler comme des dératées !! C’est assourdissant, gonflant, stressant !!! Tu sais pas d’où ça vient, combien elles sont, tu ne les vois pas !! Tu subis, ce putain de sifflement !! Nous passons devant un panneau d’alerte. « -T’as lu quoi ? Moi j’ai vu juste « Don’t stay here you may » ! - Moi j’ai lu flash-food. Hummm curieux, devons nous comprendre que nous pouvons servir de fast-food ??? « - Tu comptes continuez à rouler à 20 à l’heure ?? - Excuse moi, j’essaie juste de ne pas nous tuer sur cette piste !! Mais si tu veux j’accélère comme ça si on se cartonne et si tu claps, tu ne verras pas l’œil du tigre venir nous bouffer !! Tu préfères que j’accélère ?? » L’autre il a cru que j’avais peur… moi ??? J’ai mis du baume anti-tigre en plus, il n’y a aucune raison d’avoir peur !!! Ouff !! La jungle est traversée maintenant la montagne !! La piste est vraiment magnifique, en oubliant cette histoire de tigres et de sifflements c’est un plaisir !! En 75 kilomètres, nous traversons tout le plateau dans sa largeur. Attapeu est à 550 mètres d’altitude, Paksong est à 1700 m. Plus d’arbres géants, juste la vue, bien que brumeuse c’est splendide !! Dommage que nôtre appareil photo ne traduise pas bien les « verts » !! A midi, nous avons fait la moitié du trajet en deux heures de temps. Le ciel s’est largement assombri, au loin il est noir, ponctué de flash lumineux !! Mon chéri on va se prendre un orage sur la gueule non ??? Peut-être un quart d’heure après nous sommes trempés de la tête aux pieds !! La poussière se transforme en boue. Ça glisse, ça colle, ça mouille !!! Dans ma tête repasse le moment où on a fait les sacs à Pakse. Les imperméables on les prend ? Non, pas la peine il pleut jamais en saison sèche !! T’as gagné !! Nous nous abritons un moment sous une maison, pratique les constructions sur pilotis. Nous sommes trempes, il fait froid, le ciel toujours aussi noir, ça sert à rien de rester là !! Mouillé pour mouillé… On repart !!! A chaque traversée, c’est les mêmes regards qui suivent nôtre embarcation. Tu m’étonnes, avec nos casques, mon antenne qui dépasse du sac, de la boue jusqu’aux genoux, nos têtes de falang dégoulinantes, ça paye !!! Nous arrivons à Paksong, capitale du café lao… ?? Je regarde, tente de repérer un panneau qui indiquerait la coopérative de commerce équitable dont ils parlent dans le guide . Rien !!! Nous trouvons juste Robert, un hollandais qui produit ici son café, il est marié à une Lao. Il organise des visites de sa production, payantes, 20 € la journée et par personne, en l’écoutant, aucun doute, il ne fait pas dans l’équitable. C’est pas lui !! Bon, on verra demain pour la recherche. Là, ce qu’il nous faut c’est un lit et une bonne douche chaude si possible !!! Ils sont en manque de confort ces petits français !!! Les loosers !!! Bien fait !! On a beau voyager, se dire que vivre simplement, sans superflus c’est possible et pas désagréable… On ne change pas comme ça du jour au lendemain !!! Tu leur mets une télé devant les yeux et pof !!! Terminé les beaux discours !!! A Attapeu, on a eu le plaisir de trouver une chambre pour 40 000 kips avec la télé satellite donc la chaine française TV5 monde. On s’était donné des excuses en scotchant comme deux pauvres bofs devant l’écran : « C’était la moins chère, c’est pas nous qui avons choisi d’avoir la télé… » Mais j’avais vu la pub d’une émission consacrée à la vie de jeunes moines dans un monastère sur le toit du monde. Aujourd’hui à 16H. Alors après avoir visité toutes les guesthouses de Paksong et être tombés sur cet hôtel, bien plus cher que les autres mais avec frigo et télé et bien on devient de faibles hommes !! On hésite un moment, on se regarde, on se dit : « Non, c’est pas sérieux… » mais on se reregarde on sourit, on s’marre : « Allez, on craque… ??? Oui, on craque !!! » Et on craque pour de vrai !!! Heureusement, on a pu la négocier un peu, du coup, elle est juste à 1€ de plus que les autres !!! Il est 15h, parfait, juste le temps de se prendre une douche, faire la lessive boueuse et je vais pouvoir voir la vie de Kenrad ce petit moine dans les montagnes, je me réjouis comme une gamine !!! Et ce soir, foot, pour toi mon chéri !!! En arrivant dans la chambre, premier réflexe, allumer la télé !! Ah, ils ont l’air bien con dans leur super hôtel avec la télé mais sans le satellite !! 6 chaînes au total dont aucune lao, que des chaînes thaïlandaises !!! En tout cas pas de propagande à la télé, juste à la rigueur pour les voitures de la célèbre marque japonaise Honda qui lance pub sur pub !!
On se lève tard encore une fois, 9h30 !!! Cette fois, ce n’est pas la gratouille mais une indigestion qui fait de mon réveil un moment difficile !!! J’ai pas trop dormi, difficile de trouver le sommeil sur le trône !! Nous rattrapons nôtre grâce mat !! Brossage de dents, pantalon et en route !! Il faut que je la trouve cette coopérative !! Nous commençons par le marché. C’est la capitale du café mais aucun stand ne vend un seul paquet !! Rien !! C’est pas ici que je vais pouvoir glaner des infos !! Le marché est sympa, nous y passons un moment du stand de vannerie au stand de poisson séché. Du stand de vêtements chinois au stand de beignets à la banane… Nous en profitons pour faire des courses pour le repas de midi. Riz gluant et saucisses sucrées, la révélation de Jérôme ici !! Le guide dit que les 12 villages travaillant avec la fameuse coopérative sont établis le long de la piste partant au sud de la route 23. Premier village, Phoi. On demande à une première personne, une dame : « Jhai coffee Farmer ? » Elle rigole, se met à me raconter plein de jolies choses mais en lao… Deuxième essaie, un monsieur très viril, torse nu, il est en train de ratisser son café qui sèche au sol. Je répète ma question : « Jhai coffee farmer ??? » Il me fait un signe de la tête et me dit : « Paksong ». J’insiste, il ne parle pas anglais mais il a l’air de comprendre. « You work with jhai coffee farmer ?? » Il acquiesce. Il nous montre ses tapis de café en train de sécher au sol. Le blanc, c’est le typica. Le brun, le robusta. Il nous montre d’un signe de la main derrière la maison et nous fait comprendre d’y aller. Deux femmes sont en train d’écosser des grains de typica à l’aide d’une machine. La torréfaction doit se faire à la coopérative ??? Je retourne vers mon type viril et insiste. « You work with Jhai coffee farmer ?? It’s good for you ??? » Il acquiesce de nouveau et me dit : « Good Money !!! » Je suis contente de sa réponse. On ne trouve pas cette fichue coopérative mais ce que nous cherchons avant tout, c’est savoir si le commerce équitable profite réellement aux agriculteurs. Alors ces deux petits mots et ce sourire nous rassurent et nous encouragent à croire que le commerce équitable peut être une alternative au « charitable ». Malgré le ciel qui s’assombrit nous décidons d’aller un peu plus loin. Les champs de caféiers sont bien entretenus, structurés et de petites tailles. Pas de doute, c’est bien des champs de petits producteurs entretenus à l’aide de machines. Les maisons aussi sont bien entretenues, les bois sont souvent lasurés, certaines ont des panneaux solaires, d’autres le satellite, certaines sont faites en dure. (Apparemment, le café acheté par la coopérative est acheté trois fois plus cher que par les autres grossistes du coin.) C’est certain, ici, le niveau de vie est plus élevé que dans les autres plantations que l’on a pu traverser. Rien à voir avec ce que l’on a pu voir avant, huttes de bambou, de plastique et de cartons abimées, très peu de maisons reliées à l’électricité. Des cultures fouillis, difficiles à entretenir à la main, qui entraînent une perte de production conséquente. Il serait intéressant de connaître les objectifs de cette coopérative mais encore faudrait-il la trouver !!! On demande, à droite, à gauche, on ne récolte que des sourires où de longs discours en lao !! C’est pas gagné !! Benh voilà, il flotte !!! Nous décidons de repartir sur Paksong toujours à la recherche de la Jhai coffee farmer. La piste devient trop boueuse. En route, nous rencontrons deux français, ils sont reporters et ils cherchent aussi cette fameuse coopérative. Ils reviennent de Paksong et n’ont rien trouvé. Sur leur site internet aucune adresse précise. De toute manière, il est trop tard, c’était aujourd’hui ou jamais. Demain nous repartons pour nôtre dernière escale avant le retour sur Pakse. Tant pis, de toute manière, j’ai vu ce que je voulais voir.
A peine arrivés, nous sommes séduits par cette petite ville longeant le Mékong. Pour y parvenir, il faut embarquer à bord d’énormes radeaux faits de tôles et de bois, pouvant transporter jusqu’à six véhicules. Il faut la mériter l’ancienne cité royale. Paisible et fleurie, simple mais chargée d’histoire. Ce matin nous avons visité le Vat Phu, un ancien sanctuaire Khmer construit sur un versant de la chaine du Phu Pasak. Montagne vénérée selon les archéologues depuis le cinquième siècle. Les pierres, c’est pas trop nôtre tasse de thé et ça n’a pas changé mais on se prépare à la visite d’Angkor au Cambodge avec Arnaud mon frangin, un passionné des temples asiatiques !!! Mais c’est vrai que le site est agréable, ombragé et offrant une superbe vue sur la région et le Mékong. Malgré son classement au patrimoine mondial de l’unesco en 2001, le sanctuaire part en décrépitude. Deux pavillons taillés dans du grés et de la latérite à moitié écroulés. Seul, après avoir gravi l’escalier de pierre abrupte bordé de frangipanier, un troisième sanctuaire dédié à Shiva est en partie rénové. Nous restons deux bonnes heures à flâner d’une pierre sculptée en éléphant à une autre en crocodile, d’un magnifique linteau brodé dans la roche au lingam de Shiva. Malheureusement, il n’y a pas d’explications et on ne s’improvise pas du jour au lendemain en spécialiste de la période Angkorienne ! Avant d’aller manger, nous devons passer par l’hôtel chercher du liquide. Nous avons mis 1 million de côté, ça ne rentrait pas dans le portefeuille, pas facile à caser toutes ces liasses !!! Il nous reste 1 million pour passer les 5 derniers jours !!! Nous nous sommes serrés la ceinture pendant un mois, on pensait être court et finalement on se retrouve avec 100 euros !! Du coup, de bons repas en perspective, sans regarder la dépense, juste se faire plaisir !! Hier soir, on a choisi un poulet entier farci, pour moi des frites et pour Jérôme l’éternel riz dont il ne se lasse pas au total pratiquement 10 euros alors que d’habitude on mange pour 2 euros à deux !! Ce midi, je pense choisir un beau poisson grillé du Mékong. Et ce soir un steak !! Fini les krao pat (riz), fini les padthai (nouilles), fini les soupes !! J’en salive !!! Mais… Au moment où je plonge ma main dans la réserve qu’on avait cachée dans un sac avec l’ordi et le caméscope plus rien !!! Plus d’argent !!! Volatilisé !! 1 millions de kips, plus rien !! On s’est fait volé 1 million de kips !!!! Jérôme n’y croit pas et cherche partout !! Juste le fric a disparu !! Mais non mon chéri c’est pas la peine, tu le sais, ils étaient là, on n’y a pas touché depuis Tad Lo !!! Ils étaient là, on s’est fait volé !!! Quelqu’un est entré dans la chambre, mais où ??? Tad Se Noï ?? Attapeu ?? Paksong ?? La pilule est difficile à avaler. 100 euros c’est énorme !!! Ça ne compromet pas nôtre voyage mais quand même... dans nôtre chambre… le seul endroit qu’on peut s’approprier… nôtre cocon, nôtre intimité !! Je ne pensais pas qu’on puisse aller jusqu’à voler dans les chambres d’hôtel !!! Et surtout pas au Laos !! C’était reposant d’avoir un endroit à soi, un endroit dans lequel on se sent en sécurité mais en fait non !!! A soi ?? Juste son corps et ses baskets !! C’est ça qui me touche le plus dans ce vol, la perte d’un repère que je m’étais trouvé… Nous mettons deux bonnes heures à nous en remettre en finissant par nous dire que la personne a dû passer une bonne journée, un mois et demi de salaire, ça peut donner un sacré coup de pouce !! Mais j’espère qu’elle regrettera, que ça ne l’incitera pas à recommencer !! Du coup ce soir benh… c’est du Krao pat qu’on va se taper !!!
Et voilà !!! Dernier jour au Laos !!! On va une seconde fois traverser le Mékong mais cette fois dans l’autre sens. On quitte un pays fascinant !! Que de sourires !! Que de Sabaidee !!! Que de regards accueillants !! Que de simplicité, de gentillesse !! Un peuple peut être un peu trop gentil… qui écoute pousser le riz… qui laisse déborder le fleuve… Espérons qu’on arrête d’en abuser, d’endommager ce si beau pays avant qu’il ne soit trop tard !! Espérons qu’il y ait des changements, que le souffle du peuple s’élève…
1. mari Le 08/03/2009 à 17:13
2. daniel et mimi Le 09/03/2009 à 21:00
3. fabienne et francis Le 26/03/2009 à 17:15
4. dany nicole Le 27/03/2009 à 10:45