On reste hébété, sans voix, le souffle coupé !! On se scotche au hublot, les yeux grands ouverts, absorbés, émerveillés !!! Nous les survolons, nous les frôlons, les effleurons. De grosses meringues, l’Himalaya, là, sous nos pieds, sous nos yeux !!
Le ciel est parfaitement dégagé, peu de nuages, juste l’Himalaya !!!
Il nous apparait entre le Mt Makalu qui atteint les 8470 m et le Mt Cho Oyu, le petit dernier de tout de même 8153 m. Il est là, imposant et à la fois tout petit de nôtre Boeing, l’Everest !!! La plus grosse de toutes les meringues, 8850 m !!
Ce vol nous réserve une autre surprise de taille, l’avion perd en altitude et entame sa descente. Nous faisons escale à Lhassa !! Nous la toucherons des yeux, c’est déjà çà !!! La descente est sublime, nous survolons la Tsangpo (Brahmapoutre) composée de larges lacets s’entrecroisant. Ses eaux sont vertes. Aux abords, des paysages lunaires et désertiques, de petites dunes. La lumière est fantastique, je n’en ai jamais vu une de pareille. Nous ne voyons pas Lhassa, l’aéroport doit être en retrait, pourtant nous courons entre les deux côtés de l’avion, pas de Lhassa !!! Pas de Potala !!!
Nous sommes pris en charge dès la sortie de l’avion. On nous compte, on nous encadre, pas question de faire la moindre incartade. On nous tamponne le visa de sortie et oui, nous sommes à la frontière chinoise. L’avion part dans vingt minutes, juste le temps de fumer une cigarette au cancer et hop on repart pour un nouveau tour de manège enchanté !!
Nouvelle surprise, l’aéroport international de Katmandou ! Nous descendons directement sur le tarmac, pas de tracteur pour vider les soutes, des charrettes !! Nous sommes accueillis par des Namaste, « welcome » lancés par les employés. Ils sont radieux, je ne vois que leurs visages, si doux, si lisses. Des cheveux noirs et brillants, des yeux noirs ébène d’une profondeur presque troublante surmontés d’épais sourcils tout aussi foncés. Ils sont très beaux.
L’intérieur de l’aéroport est très ancien, pas de rénovation, très spartiate.
Un préau, un grand préau. Nous repérons de suite le guichet d’obtention du visa. Nous nous attendions à une longue attente, à de longues et fastidieuses formalités, il n’en ai rien ! Pas de file d’attente, un formulaire à remplir, une photo à agrafer, un bref regard sur la passeport, un coup de tampon, 40$ chacun et le tour est joué, nous avons nôtre autocollant.
A la sortie, nous retrouvons Hyoshi le japonais, rencontré à l’aéroport de Chengdu. Nous avons convenu de partager le taxi pour rejoindre Thamel, le quartier touristique. Il y a quelques rabatteurs, quelques chauffeurs, la négociation se fait assez facilement et tranquillement. Nous sommes de suite plongés dans l’ambiance. L’aéroport est collé à la ville. Ça grouille de partout, tout est complètement désordonné. La voiture fait sa place à coups de klaxon, manquant d’écraser plusieurs personnes ou de renverser un vélo !! C’est l’anarchie complète, ça double par la droite, par la gauche, ça gueule !! Il n’y a pas de code de la route ici…De la poussière partout, dans l’air, sur les voitures, sur les légumes des échoppes qui bordent la route et au milieu de tout ça, une explosion de couleurs, une explosion d’odeurs !!! Les népalaises sont magnifiques dans leurs saris multicolores, souriantes, gracieuses, de vraies graines de beauté. Nous regardons partout, nôtre regard est tout le temps sollicité, nos deux yeux ne suffisent plus !!!
Nous arrivons à Paknajol, un petit quartier un peu à l’écart de Thamel. Le chauffeur nous indique la route pour rejoindre la guest, on ne peut pas y aller on voiture. Nous nous enfonçons dans le petit sentier qui grimpe au milieu des maisons. Des bougainvilliers, des lauriers roses et des œillets d’Inde le bordent. Nous passons devant la Yellow peace guest house, la Katmandou peace guest house, la Nirvana peace guest house, tout est peace ici !!! Et enfin la Garden peace guest house. Nous trouvons Yves, le patron, il est français et marié à une Népalaise. Maryline nous l’avait conseillée, effectivement, il est très sympa. Comme convenu il nous a négocié une chambre dans la guest d’à côté, la Family peace guest house, lui étant complet.
La chambre est très simple, deux lits ! La salle de bain est commune… humm, c’est la salle de bain où les toilettes ??? Ah… c’est les deux ??? Ok, it’s good !! En fait, c’est bien un toilette… il y a juste un tuyau en plus !! Pas de lavabo, pas de porte manteau, pas de chasse d’eau, juste un trou dans le sol mais bon, ça, on a l’habitude !! Nous prenons habituellement des douches rapides mais là je pense qu’elle vont être vraiment prises en express et juste si ça devient indispensable !! Mais les lits sont super confortables et le personnel adorable. On nous offre le café, on nous pose des tas de questions, ils sont bien curieux ces népalais ??!!
Après une petite sieste réparatrice, nous nous lançons à la découverte de Thamel. Ça ne va pas être facile de se repérer, le plan du routard est super mal fait. Il y a des petites rues partout qui se coupent et se recoupent, pas de noms de rues, encore une fois c’est un joyeux bordel !!!
Il y a un monde fou, c’est la saison touristique, ça parle dans toutes les langues !!! La progression est difficile, éviter le scooter qui nous fonce droit dessus en klaxonnant, la voiture à droite, le vélo à gauche, on slalome, rentrant les fesses et serrant les dents !! Et surtout éviter les rabatteurs, ils sont partout !! Voulant nous vendre un trek par ci, un trek par là : « mon agence est écologique, mon agence reverse des fonds à des agences humanitaires, ahh tu es français, je parle français, j’ai des cartes gratuites, vient je t’offre un thé, allez mon ami juste pour l’information !! » Ils me font rire, ça me rappelle le Maroc, je m’éclate, j’adore ces ambiances !!! Jérôme est un petit peu plus tendu, le voyage l’a fatigué, il faut aussi un petit temps d’adaptation. Nous disons à un des rabatteurs que l’on veut juste manger, alors, s’il veut nous donner juste des informations, qu’il peut nous indiquer un petit bouiboui pas cher pour gouter la gastronomie népalaise. Réussi, il nous entraîne par des petites ruelles et nous tombons sur un tout petit jardin avec quelques tables. Nous le remercions en lui demandant la carte de son agence.
Nous choisissons deux népali sets, composés de Dhal (lentilles), de bath (riz), de tarkari (curry de légumes) et de quelques morceaux de poulet au massala. Le tout pour 1€20 chacun, c’est délicieux, pas copieux mais délicieux !!!
On va être bien ici, c’est sûr !!!
La nuit a été super agréable et la petite grasse mat jusqu’à 9h30 fort appréciable !!! Nous sommes d’attaque, prêts à se perdre et s’éprendre de Katmandou. Nous errons, prenons la petite rue à droite, puis à gauche, répondant aux Namaste, aux hello… Plus de rabatteurs ici, juste des népalais. Cette ballade est fantastique, tous nos sens sont en éveil… Nous tombons au hasard des ruelles sur des petits temples dédiés à tel ou tel dieu de l’hindouisme, sur de petits stupas, sur un lavoir où chacun peut faire sa lessive et se prendre un bain… Nous continuons à nous enfoncer, on marche, se méfiant des vaches sacrées et des chiens errants, on marche…
De retour à la guest, Kamal nous accueille. Il a une chambre qui s’est libérée, plus confortable, avec un grand lit, la télé et la salle de bain privée et carrelée mais pour deux euros de plus ! Deux euros c’est énorme ici, c’est le revenu journalier de 75% de la population ! Deux euros chez nous équivaut à un café et une baguette de pain, bien sûr ce n’est pas comparable, on ne peut pas faire de comparaison là-dessus. Mais il faut le noter, nous sommes nés sous une bonne étoile !!! Nous sommes français ! Kamal insiste, on lui dit que c’est trop cher pour nous, qu’on préfère rester dans nôtre chambre à deux lits avec une salle d’eau commune en béton, que c’est très bien !!! Mais visiblement ça le dérange, il veut nous donner le meilleur confort !!! Je crois qu’il nous aime bien !!! Il réfléchit, se tâtonne la tête… Ok !!! J’ai une autre chambre !! Il nous y conduit, elle est au deuxième étage. Un grand lit, un balcon, de l’électricité, une salle d’eau commune, carrelée, un lavabo, un toilette à l’occidentale, le luxe !! Il nous dit 1 euro de plus, nous refusons. Ca peut paraître radin, il n’en est rien !! Nous souhaitons juste gérer nôtre budget afin de pouvoir voyager durant les un an que l’on s’est fixé. Mais Kamal ne voit que le confort, il veut qu’on se sente bien chez lui !!! Il nous regarde avec tendresse et nous dit ok, le même prix, mais motus et bouche cousue !!! Il me prend dans ses bras et me fait un gros bisou en rigolant !!! Nous avons accepté bien sûr, il est aux anges !!! Nous partons de ce pas faire nos bagages. Il veut nous porter les sacs, on lui dit que ça va, qu’on est très bien chez lui. Il est content !! Nous prenons soin de laisser la chambre propre pour éviter à la femme un travail supplémentaire. C’est le grand luxe n’empêche !! Electricité, dormir ensemble, une douche, des hôtes adorables… le bonheur !!
Thamel est un quartier pour touristes, il y a tout se que peut vouloir un touriste. Banques, bureaux de change, librairies, agences de voyage, bars, restaurants, hôtels, magasins, bières, vendeurs de hachich…
Des guirlandes lumineuses accrochées partout, de la musique, du monde partout… mais que des touristes et des népalais travaillant pour les touristes !! On se croirait presque dans la rue Serviez la veille de Noël, business et consommation !! Au menu des restaurants, toutes sortes de cuisines, indienne, chinoise, japonaise, française, italienne et très peu de cuisine népalaise !! Les prix aussi sont surprenants, de 2 à 5 fois plus chers que dans les autres quartiers à l’extérieur de Thamel ou de la Freak Street. Et ça consomme… sur les tables, des bières, des plats à n’en plus finir. La bière est extrêmement chère ici, de 2€ à 3€. Ce n’est pas pour nous tout ça !!! On préfère une bonne chiasse mais être en adéquation avec le pays.
Ce matin nous nous sommes levés tôt, 6h30. On souhaitait voir Dubar Square se réveiller… mais c’était déjà trop tard !!! Les klaxons offraient déjà leur concert !!! Nous y allons quand même. Nous nous asseyions un moment sur les marches du temple Maju Deval, dédié à Shiva et nous contemplons ce lieux extraordinaire, cette place mythique. Nous observons chaque allée et venue, les vendeurs de fruits secs, de céréales, de soucis pour les offrandes… les allées et venues des rickshaws, taxi, charrettes… Les intouchables, coupant leurs agneaux en pleine rue avant de les charger sur les rickshaws. Les fidèles portant leurs offrandes à tel ou tel dieu. Les racoleurs harcelant leurs proies. Une activité débordante. Il est 7h30, on se croirait en plein après midi ! Raté le réveil de Durbar Square… mais on ne s’avoue pas vaincu !!
Je me réveille à 12h. Ça fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé !! Jérôme est levé depuis longtemps, douché, le petit déjeuner préparé. C’est le premier jour du Tihar-Deepawali, la deuxième plus grande manifestation hindoue du Népal, consacrée à quelques animaux vénérés entre autre. Ça dure 5 jours. Le premier jour, aujourd’hui, on offre du riz aux corbeaux considérés comme des messagers de Yama, dieu de la mort. Le 2ème jour, c’est au tour des chiens qu’on honore avec des tikas (point rouge à base de Santal apposé sur le front) et des guirlandes. Ils aident leurs âmes à traverser la mort. Le 3ème jour, c’est au tour des vaches à qui on peint les cornes en or et en argent, c‘est aussi le premier jour du Deepawali (fête des frères et des sœurs). Le 4ème, ce sont les bœufs qu’on honore, c’est également la nouvelle année Newar. Et enfin, le 5ème jour, c’est le jour des frères et des sœurs, chacun s’offrant un petit quelque chose. Tout le monde en parle, ça va être un festival de couleurs.
Aujourd’hui, c’est aussi nôtre première rencontre avec ce qui choque, ce qui bouleverse, ce qui est difficile à supporter. Nous nous baladons tranquillement dans un quartier à l’est de Thamel quand une femme s’accroche à Jérôme et s’écroule à terre comme un sac de patates. Jérôme est décontenancé l’espace d’un instant, voulant la rattraper, réflexe normal… mais il se rappelle ces quelques lignes du lonely planet : « se méfier des personnes qui s’écroulent devant vous, vol assuré ». Il l’a laisse à terre. Nous reprenons la route en nous posant juste une question : Est-ce du cinéma ?? Nous finissons par nous retourner, elle est debout en train de discuter avec les gamins de l’échoppe à côté. Nous continuons nôtre route, déroutés par une telle attitude. Un peu plus loin, une femme est assise par terre. Elle joue avec son enfant, il n’a pas de pieds, il a peut- être deux ans. Nous passons sans baisser la tête, comme indifférents… Il n’en ai rien. Au milieu de tous ces mendiants, ces porteurs de misère, nous nous retrouvons impuissants, mal à l’aise dans nos baskets North Face. Nous faisons demi tour, préférant ne pas chercher à voir ce qui est à la limite du supportable. La misère se jettera à nos pieds quoi qu’on en pense.
De retour dans les quartiers commerçants, c’est de la folie !!! Du monde partout, impossible d’avancer, tout est bloqué, un bouchon humain au milieu des voitures et motos immobiles. Quelques militaires essaient tant bien que mal de débloquer les rues… ils sifflent, agitent les bras, rien à faire. Tout le monde attend après celui de devant pour bouger !! Nous mettons deux heures pour rejoindre la guest qui n’est pas bien loin, peut- être un kilomètre. Nous rentrons exténués autant mentalement que physiquement.
Réveil 7h. Nous nous attaquons aux formalités nécessaires pour l’obtention du visa indien. On nous avait dit : « Allez- y de bonne heure !! ». Un monde fou devant les hautes grilles de l’ambassade. Nous prenons nos tickets, F28 et F29. On est confiant, on passera avant midi, l’heure de fermeture. La première visite, les premières formalités, consistent juste à vérifier nôtre identité en envoyant un fax on ne sait trop où. Ça fait maintenant une demie heure que les guichets sont ouverts… seulement 3 personnes sont passées. Finalement, c’est pas gagné !!! Demain est un jour férié, si on ne l’a pas aujourd’hui, on devra rester une semaine de plus !!! On rencontre Jean, un jeune breton de 19 ans. Son bac en poche, il fuit nôtre système, nôtre hypocrisie nous dit-il. Un jeune rebelle à la recherche de l’eldorado. Il souhaite apprendre à construire des house-boats au Cachemire et partir ensuite sur Bénares, sa terre promise. Les chemins que nous décrit Barjavel ne sont pas révolus…
Nous passons la matinée ensemble à attendre, laissant défiler lentement… très lentement le tableau d’appel. Nous refaisons le monde, débattons, exposons nos idées, le temps passe vite… il est déjà midi !!! OUPS !!! Au tableau, F17 !!! Nous n’avons plus qu’à revenir mercredi. Cette fois, nous camperons devant les hautes grilles dès 5h !!!! Nous nous apprêtons à partir quand le tableau s’excite et passe à F23, F24... F25, F26, F27... Et… F28 !!! Il ne sont pas si feignants que ça nos indiens !!! Nous quittons l’ambassade à 13h, avec nôtre telex en poche !!! Nous allons fêter ça tous trois avec une belle assiette de momos (raviolis tibétains) !!!
Nous partons ensuite pour Swayambhunath ou le Monkey temple, à pied. Nous croisons une multitude de canidés enguirlandés de colliers de fleurs de soucis, la tika apposée entre leurs deux oreilles. Bizarrement, comme s’ils savaient que c’était leurs journée, ils marchent fièrement, ne cherchant pas à se débarrasser de leurs apparats. Arrivés au pied de la colline, nous évitons sans problème le guichet où les touristes doivent acquitter un droit d’entrée… mais nous devons faire face à d’autres gardiens beaucoup moins prévisibles. Ils sont peut être plusieurs centaines à garder la colline, prêts à se jeter sur nous dès le moindre faux pas !!! Les singes !!!! Un gang de singes !!! Tout en évitant de les regarder dans les yeux, nous grimpons les longues et glissantes marches… nous ne sommes décidément pas prêts à nous attaquer aux géants de l’Himalaya !! Nous suivons les drapeaux à prières qui volent dans le ciel et arrivons au stupa. Le dôme est d’une blancheur éclatante, on ne voit que lui !! Au dessus, l’harmica, un bloc carré et doré. Sur ses quatre faces des yeux vigilants sont peints, évoquant le regard vigilant du Bouddha embrassant la vallée. Pour nez, un point d’interrogation, le ek, symbole d’unité de toute vie. Et au dessus, un troisième œil qui symbolise la clairvoyance du Bouddha. Nous observons la vallée, sous le regard protecteur de Bouddha. Katmandou s’étale devant nous, encerclée par les contreforts de l’Himalaya. Comme Bouddha, nous voyons tout. Perchés sur la colline, nous avons l’impression que Katmandou nous appartient. « A nous le Népal !!! A nous l’Everest !!! » Oui c’est sûr, nous manquons de clairvoyance pour le coup !!
Après avoir traversé la ville, nous arrivons enfin à la gare routière de Ratna park. Des dizaines de bus customisés, bariolés et pourris !! Le lonely planet ne nous sert plus à rien !! Sans l’aide des népalis, impossible de trouver le tas de tôle qui nous conduira à Patan !!! Nous trouvions que les gares chinoises étaient un joyeux bordel…alors quel mot serait assez fort pour décrire les lieux ??? Un véritable capharnaüm !!! Au milieu des tas de tôles, à même le sol poussiéreux, ça bricole, ça vend quelques provisions, ça joue au cartes, ça dort, ça boit du tchaï. A chaque départ, ça klaxonne, ça gueule : « poussez vous j’arrive !! Je vais à Mugling !! Mugling !! MUGLING !!! MUGLIIING !!!! MUGLING !!!» entrainant une petite agitation !! Le bus en marche, ça continue à s’entasser, à l’intérieur, à l’extérieur, sur le toit !!! On s’accroche au moindre truc qui dépasse, c’est hallucinant !!!
Pour cette fois, nous sommes tranquilles. Bizarrement personne ne va à Patan, nôtre tas de tôles démarre presque à vide !!!
Après avoir flâné dans Patan, de chortens en chortens, de temples en temples, ne manquant pas d’admirer les jolies sculptures en bois qui ornent les portes, les fenêtres, les charpentes datant du XVIIIème siècles, du XVIIème et même du XIVème siècle, nous partons à la recherche de boutiques de commerce équitable.
Nous sommes accueillis très gentiment à Mahaguthi. Nous demandons s’il est possible de visiter une coopérative, de rencontrer les artisans. Il n’y a aucun problème mais uniquement le Dimanche. Nous partons Samedi !! Je suis verte !!! Pourrons nous trouver des coopératives à Pokhara ??? Faut il repousser nôtre départ ??? Nous prenons la carte du magasin et repartons à pied sur Katmandou, la tête pleine d’interrogations.
La nuit est en train de tomber, c’est le premier jour du Dipawali. Les habitants et les commerçants ont décoré leurs maisons et leurs magasins de guirlandes lumineuses, de guirlandes de fleurs… Allumées devant leurs portes, quelques bougies au beurre… Jetées à terre, quelques pétales de soucis… Dessinés au sol, des mandalas confectionnés à l’aide de pigments, graines, fleurs, pop corn…
C’est magnifique, féerique, on se croirait vraiment à la veille de Noël en pleine rue Serviez, avec plus de couleurs, plus d’odeurs mais avec la même frénésie, les mêmes sourires éclatants !!! Des enfants font du porte à porte en chantant, agitant leurs timbales faites d’un morceau de bois sur lequel des capsules de bière ont été clouées. En échange, on leur donne un petit billet. On se croirait à Halloween !! Des billets à la place des bonbons et des chants à la place des cris d’horreurs.
Arrivés à la guest house, nous sommes conviés à un rituel. D’abord on fait des offrandes dans un petit autel, ensuite vient le tour du tiroir caisse pour « multiplier » l’argent… Jérôme en profite pour demander si on ne peut pas faire la même chose dans son porte feuille. Il se retrouve avec une pâte rouge et des pétales de soucis plein la pochette, les billets en sont couverts !!! Ensuite, on nous pose la tika, un gros pâté de pâte rouge sur le front et on nous recouvre la tête de pétales de soucis. Mon dai (mon frère) vient et me demande de lui poser la tika. Flattée d’être sa didi, je m’applique tant bien que mal à lui fixer un pâté rouge sur le front, pas si facile. J’en ai partout !!! La cérémonie terminée, nous rejoignons la terrasse pour profiter du spectacle. Des feux d’artifice dans tous les sens, des pétards explosent à tous les coins de rues, de la musique, c’est la fête !!! Ils ne font pas la fête à moitié ici, c’est féerique !! Comment voulez vous qu’on rentre après tout ça ??? Comment voulez vous qu’on ai envie de retravailler un jour, de reprendre la routine ???? C’est fichu, on est fichu !!!
1. KARINE et XAVIER Le 31/10/2008 à 08:54
2. daniel Le 31/10/2008 à 17:09